31 mai 2015 – Race The Tube M6: le tournage et la diffusion du reportage

Suite de l’article précédent présentant le contexte du reportage avec M6.

La date était fixée au 12 mai le soir pour un repérage dans le bus et une mise en avant des montages par Nils. Puis le 13 mai au midi pour la course. C’était le deal que j’avais accepté

Il me restait plus qu’à m’entrainer et paramétrer le défi pour montrer une belle performance sportive. J’avais en tête de faire une course différente, beaucoup plus centrée sur le défi « si t’as raté ton bus cours après ! ». Faire exprès de le rater pour le rattraper. C’est ce que je voulais faire pour ce reportage.

Une semaine avant, avec Nils nous avons fait un repérage et j’ai conclu qu’il fallait corser un peu le parcours pour que ce soit intéressant.

C’est ce que j’explique dans cette vidéo:

J’avais jugé nécessaire de fixer des règles avec le journaliste:
– Droit d’utilisation de nos vidéos limité à 24 mois et dans un cadre strict lié à Race The Tube
– Pas de téléchargement de mes vidéos Youtube
– Mention remerciement Slin’art et Cosmacks dans le générique de fin

J’ai eu beaucoup de mal à obtenir une réponse écrite. IL m’a fallu demandé plusieurs fois, bizarre quand même.

Je souhaitais également mettre en valeur le travail de Nils en montrant comment nous travaillons tous les deux, le scénario que l’on met au point, les détails techniques, et la musique de Cosmaks qui nous produit les sons.
Il nous a proposé de réaliser une partie du tournage chez Nils après le repérage bus.

12 mai 2015 18h00 : Je trouve Antony et son caméraman, on fait connaissance et déjà un sentiment bizarre m’envahit ! J’ai pas confiance . Je me rappelle encore aujourd’hui qu’il faut se fier à ses intuitions, mais on ne se s’écoute plus assez. On discute un peu, je comprends pas trop ce qu’Antony souhaite faire. Il veut qu’on retourne chez moi, refaire les mêmes prises que l’équipe précédente avait faites. Montrer les articles de journaux, le tracé sur mon écran, etc.. je trouve ca absurde et d’une perte de temps.
Je fais le calcul:
aller chez moi faire des prises, retourner a Rennes et dans le bus, faire des prises puis aller chez Nils … On est pas couché ! … Alors je dis non. Mais Antony a besoin des coupures de presse et il insiste alors avec Nils on va les chercher et on fait un aller retour chez moi.

Parmi les coupures de presse j’avais ramenées celles de mon défi Mobil’Acteurs, de mes marches de nuit, mon implication pour la lute contre l’Autisme, mon coup de gueule suite à la mort d’Hervé Gourdel. Bizarrement aucun autre article que celui de Race the Tube sortira.

De retour une petite heure après au même endroit que le rendez initial. Antony me briefe légèrement sur la suite. « Je vais te poser la question alors qu’est-ce qui se passe maintenant » et on va marcher tranquillement (là ou nous sommes). Puis quiproquo, l’endroit ne convient plus, il est devenu plus  logique pour lui d’aller au centre ville. Nous prenons leur voiture pour se rendre au centre ville de Rennes. Plus ca va moins je comprends ce qu’ils veulent tourner et plus je me dis que ca va être long. Il est 19h déjà et Antony roule à presque 100 km/h dans les rues de la ville. Son regard est sur son téléphone plus que sur la route, je suis inquiet, je commence à angoisser. J’ai même eu un moment d’hésitation en montant dans la voiture et je me suis dis : « Et si je mettais une fin à tout ça ? ».

A Rennes l’ambiance se détend, nous faisons quelques prises où je dois marcher (en fait 10 fois plus que ce qui passe réellement). Y’a toujours quelque chose qui ne va pas, un passant, un poteau, le soleil ! Bref je me rappelle des paroles d’Antony « Ne t’inquiète pas, on ne sera pas intrusif pendant le reportage », « on te suivra sans te gêner », « On fera une belle suite ».

Et puis vient le moment des questions : « Alors qu’est-ce qui s’est passé avec Race The Tube » ? J’explique la pression que j’ai ressenti, le peu de préparation que j’ai pu m’accorder, le soutien à lutter contre l’Autisme, mon fils, mes engagements …
Mais le sujet tourne vite: « Alors Sébastien, ca fait quoi toutes ces vues sur Youtube? », « Ca doit mieux marcher avec les filles ? » Certaines de ces questions m’ont été posées 5 fois de suite, suffisamment, pour que je ne sache plus quoi y répondre à force …

On fait une première prise de vue, mais elle est à contre jour ! Il est 20h j’en ai marre, j’ai faim j’ai envie de me concentrer pour ma course, mais non il faut recommencer toute la prise.
Je commence à perdre patience et je me sens un peu mal, car après on doit encore aller chez Nils et je trouve déjà à ce moment qu’il est tard, et en plus on a pas fini.

On refera encore toute une scène sans contre-jour avec les mêmes questions. Puis on arrive sur la place principale à République où j’explique le trajet de demain. Ca prend du temps … Il est 21h30 lorsqu’on peut enfin faire des prises de vues chez Nils.

Initialement je voulais donner la possibilité à Nils de montrer comment il fait ses montages, comment on travaille tous les 2 cette complicité et cette confiance qui nous anime dans nos projets. Nils fait de très beaux montages, il a un œil artistique très développé par sa formation mais aussi sa passion du montage vidéo. Parfois, en une soirée (en finissant à 2h du mat) il termine une vidéo et je passe la voir le lendememain matin avant d’aller au boulot !

Au lieu de montrer cette technicité pointue et notre collaboration il nous est demandé de sur-jouer, de s’extasier devant des vues sur nos vidéos. C’est à l’encontre de ce qui m’anime! A tel point que ces images ne seront pas présentées tellement la mise en scène est ridicule. A ce moment là je ne sourie plus, ca fait 3 fois que je demande à ce que le reportage s’arrête par respect pour Nils et son amie, et pour le respect de ma concentration dans la course que je dois faire le lendemain. Je deviens blanc, j’ai des palpitations il est 22h35 ! Agacé je dis STOP à cette mascarade et je ne joue plus ! Je prie ces 2 personnes de sortir d’une maison qui ne m’appartient pas. Je ne rigole plus à cet instant !

Je me souviens qu’après cette scène et le fait qu’il nous ait quitté non sans faire un énième prise, Nils s’est inquiété pour moi. Il m’a proposé de me reposer un peu, de manger, mais il est 23h et à ce moment la , j’ai besoin que d’une seule chose: me retrouver seul ! et me reposer pour le lendemain.

La nuit sera longue, très longue j’ai des palpitations, mon cœur bat trop vite mon esprit s’enflamme. Je me rappelle encore une fois de ce que j’ai appris avec David ! Gérer son stress ! Ne pas subir la situation ! Apprendre à mieux respirer pour calmer la machine.

Mon amie Yuliya m’avait guidé sur des exercices de respiration. Pendant 5 longues minutes, je vais ramener mon cœur a son rythme, je vais ouvrir la fenêtre et me découvrir pour avoir froid! Le froid endort c’est bien connu.
Au final, j’aurai presque perdu 2 heures de sommeil cette nuit là.

Mercredi 13 mai: 12h Je retrouve les journalistes près de mon travail et cette fois pour en terminer. Je précise à Antony, que je ne souhaite pas qu’ils focalisent leur sujet sur ma page Youtube, et le nombre de vues, car ce n’est pas ma raison principale pour laquelle je fais ces défis. Il me rassure et je le crois.
Il me suivront et me gêneront dans mon départ de course jusqu’au bout ! On est loin du reportage non intrusif !

La suite on la connait, j’ai fait semblant de rater mon bus pour le reprendre à l’arrêt suivant! C’est le défi #sitaratetonbus cours après ! Je vais ensuite réaliser la variante de course contre le bus que j’avais imaginée et qui m’amusait à réaliser: courir avec le bus un arrêt sur deux jusque République.

Le Challenge est plus difficile qu’à l’entrainement mais encore trop simple, j’ai pas à me justifier après tout ce sont eux qui voulaient me suivre, moi je n’ai rien demandé !

Au chauffeur on demande « Mr le chauffeur vous venez de perdre une course contre un coureur, ca vous fout un coup ? »! Je me recule, je trouve la question déplacée. Je respecte les chauffeurs de bus, c’est un défi entre eux et moi. Il m’arrive encore de le faire avec eux aujourd’hui, et je leur fait signe, comme pour les remercier de me donner ce plaisir !

Je quitte Antony et son caméraman, heureux, non pas parce que j’ai réussi mais parce que le tournage s’arrête. Dans les jours suivants, je suis méfiant, j’analyse. Je demande à Nils de préparer le Making Off de ces deux jours de tournage ! Car voila depuis le début je sais qu’il fallait avoir nos images à nous aussi. Elles n’ont pas de prix et montrent une réalité différente. Je doute sur le reportage et me demande même s’il va sortir.

Voici ces vidéos:

Le vendredi, 2 jours avant le passage de l’émission j’envoie un texto à Antony, pour lui demander ce qu’il en est! « Ca devrait passer dimanche mais je te confirme ». Pas de confirmation … Je relance le soir même et c’est pour dimanche 16h ! 16h ? l’émission « 66 minutes » passe à 17h ? Je suis étonné. Le journal Ouest France relaie l’information de mon passage en ayant au préalable appelé Antony! Oui 16h c’est dans le journal ! Bah c’est ce qu’on leur a dit …

Aujourd’hui je m’interroge encore comment on peut se tromper d’une heure sur une émission qui est planifiée tous les dimanches à la même heure.

Dimanche 31 mai: Je suis stressé, depuis le début je ne sens pas cette émission. C’est peut-être aussi pour cela que j’ai décidé de ne pas la regarder. 19h59 ! Nils me demande de le rappeler ! Il ne s’est pas trompé, le reportage est à charge contre moi. On montre mon souhait de notoriété, de gagner de l’argent, on insiste sur le ridicule en montrant un jeune qui ne semble pas comprendre ce que je fais. On insiste sur la supposée importance de ma page Youtube celle-là même qu’on nous a demandé de singer la veille au soir.

Il y a un fond de vérité, je fais des vidéos que je publie sur Youtube, mais la plus part de celles-ci sont presque anonymes, elles parlent de botanique, de préparations à des événements extrêmes, des voyages, elles expliquent même parfois mon quotidien aussi simple qu’il soit. Je me sens bien dans ce contexte et je prends du plaisir à les réaliser. J’aime transmettre informer et faire le clown devant ma caméra, j’ai pas dis que je voulais être millionnaire avec ca ! C’est pourtant comme ça que cela a été transformé! Et c’est pour cette raison qu’on est venu me voir !

Et quant aux remerciements pour Nils et Cosmaks, un oubli dans le générique ?

Par contre à la question, « Alors quelle était la difficulté de l’exercice ici à Rennes » pas de réponse dans le reportage ni même de traces de mon engagement pour les autres et l’Autisme … Et pourtant Race The Tube Rennes reste imbattu !

2 réflexions au sujet de « 31 mai 2015 – Race The Tube M6: le tournage et la diffusion du reportage »

  1. Je ne connaissais pas du tout votre site, ni même vos vidéos, mais franchement : quels enculés !

    Votre article respire la sincérité et vous n’avez rien à vous reprocher.

    Bon courage pour la suite, c’est vraiment très sympa ce que vous faites.

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